Gaspillage énergétique

Vu dans le journal Métro, 12.03.2014

3,4 millions

C’est le nombre de ménages français qui consacrent au minimum 10 % de leurs revenus au chauffage et qui sont à ce titre considérés en situation de pré­carité énergéti­que. Il s’agit principalement de propriétaires âgés, vivant dans des zones rurales rurales ou en banlieues !

Habiter mieux

Tel est le nom de code du programme de lutte con­tre la précarité énergétique, mis en place l’an dernier et dont la phase opérationnelle démar­re tout juste. Objectif : 300 000 logements rénovés d’ici à 2017, les personnes concernées ayant souvent besoin d’un “coup de pouce” pour prendre conscience de leur situation et se voir proposer un montage financier.

Pour identifier les ménages vivant dans des maisons si mal isolées qu’elles cannibalisent leur budget, au point que certains en viennent à ne plus se chauffer, l’Agen­ce nationale de l’habitat (Anah) commence à signer des con­trats avec des collectivi­tés locales : pour l’instant avec le Bas-Rhin (600 logements d’ici à 2013), la Meurthe-et-Moselle (1 200 logements), et Saint-Flour (60 lo­gements) dans le Cantal. “L’idéal serait de couvrir un tiers des départements à la fin du trimestre, et la quasi-totalité fin 2011”, espère-t-on à l’Anah.

Ils vivent dans une "passoire thermique"

Crescence, qui réside en Alsace avec son époux et leurs trois enfants, a déposé l’un des premiers dossiers. En 2008, ce couple de trentenaires achète une maison de 1852, s’endettant à hauteur de 33 % de ses ressources. Et se rend compte qu’il a acquis une “passoi­re thermique”.

Après avoir frappé à la porte du conseil général, Cres­­cence s’est vu conseiller un “montage”, alliant aides et prêt à taux zéro, pour une rénovation totale (combles, plancher...). “Entre temps, un diagnostiqueur en performance énergétique est venu chez nous. Et il a fait des yeux de hibou”, raconte Crescence, en congé parental après licenciement économique, tandis que son mari est responsable d’une agence de BTP.

"On consacre plus de 10 % de nos revenus aux énergies"

Précai­res énergétiques ? “Le mot nous a choqués, avoue-t-elle. Mais on rentre dans sa définition, car on verse plus de 10 % de nos revenus aux énergies.” La dépense en chauffage au gaz (2 200 euros en 2009), à laquelle il faut ajouter 900 euros d’électricité, a pu être réduite à 1 200 euros en changeant la chaudière, mais le récent diagnostic fait encore état d’une déperdition de chaleur de 40 %.

Si le dossier est accepté, ce serait pour le couple “un soulagement de dépenser cet argent ailleurs. Pour partir en vacances, par exemple.”

Des travaux pas seulement énergétiques

A noter que de nombreuses situations de précarité énergétique se cumulant à des difficultés liées à la vieillesse ou au handicap, les travaux envisagés dans le cadre du plan Habiter mieux peuvent aussi englober le "maintien à domicile" : remplacement de la baignoire par une douche, chambre au rez-de-chaussée et non plus à l'étage, installation d'une prise électrique près du frigo pour brancher un micro-ondes servant à réchauffer les plats déposés par les services sociaux ou d'aide à domicile....